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Histoire complete du Peuple Elfe

Résumé Chronologique



- 9000 Egire Les cités elfes sont détruites, seules subsistent les Cités de la Forêt et les elfes qui y sont à l'abri. Les dieux quittent le monde. Début de l'âge de la Force.
- 5400 Révélation d'Enarsiel, l'âge de la Force cède la place à l'âge de la Loi
- 5300 Règne de Lómion et mort du roi, assassiné par Relwen
- 5207 Couronnement de Nienor
- 3207 Couronnement de Balan
- 3000 Naissance des trois armées elfiques
- 1607 Couronnement de Caranthir
- 1037 Couronnement de Marach "le fou"
- 1000 Disparition du clan Flammedargent
- 627 Couronnement de Fëanor
- 224 Couronnement de Serindë Alàwënias Llewallys
0 L'Alliance contre le Fléau
147 Légers rapprochements entre les armées des clans des Brumes et de Hautelame
472 Disparition des clans
604 Couronnement de Maedhros
700 Disparition de Liderc Gawcöners
1082 Escarmouches avec les Orcs
1085 Traité de Drogmar
1241 Couronnement de Luindlor Tylwyth
1420 Restructuration de l’Armée
1547 Epoque actuelle

Avant l'Egire ?


Les Temps mythologiques remontent à l'origine des âges. L'Egire n'ayant laissé pratiquement aucune trace de la civilisation elfe d'avant, tout repose sur les mythes et les légendes qui nous ont été transmis oralement.
L'écriture ayant complètement changé depuis cette époque, il ne reste aucune trace écrite.


L'Egire.



L'évènement sur lequel nous sommes mieux documentés est l'an 0 de l'ancien calendrier elfe, l'Egire. L'Egire s'étire théoriquement sur une période de 4 ans, mais il n'est pas impossible que cette période de trouble ait duré plus longtemps.
On sait peu de choses sur le détail des évènements, seuls quelques contes terrifiants sont venus jusqu'à nous, mais on en connait par contre les résultats. A force de recoupements, les historiens finirent par avoir quelques certitudes.

- Toute la civilisation elfe extérieure à la Grande Forêt fut réduite à néant, les villes rasées jusqu'aux fondations, les champs brulés, et presque tous les elfes tués. Seuls survécurent la poignée qui vivait dans les villes de la forêt, Camthalion, Orodreth et Elrohir.

- Au moment de l'Egire, les elfes hors de la forêt avaient atteint des très hauts degrés de savoir scientifiques, et construisaient des machines incroyables, qui non seulement ne leur survécurent pas, mais furent, pour la plupart des commentateurs, la cause de leur perte.

- Selon certaines legendes, le déclenchement de la crise était lié à l'écriture. Les anciens elfes s'étaient bien trop avancés dans la maîtrise de l'écriture et des mathématiques et acquirent un pouvoir déraisonnable qui les détruisit.
- Il parait aussi que lors de l'Egire, les dieux quittèrent le sol d'Ideo et les elfes perdirent tout contact avec eux.

A la suite de l'Egire, les elfes survivants se réunirent et prirent quelques décisions qui marquent toujours le Peuple Elfe, un certain nombre de choix philosophiques qui sont toujours d'actualité.

- L'ancienne écriture et l'ancien langage furent abandonnés. L'on créa alors artificiellement une langue purement symbolique et arbitraire, une pure construction poétique, qui toujours tendrait un rideau entre la réalité et l'esprit. C'est aussi pour cela que la poésie est tant valorisée chez les elfes. Il faut jouer avec la langue pour qu'elle ne joue pas avec vous. Plus l'on s'amuse avec sa forme, moins on risque de rendre son fond dangereux.
C'est aussi de cette période que vient la réputation de futilité des elfes. La vérité n'est pas une valeur portée au pinacle car les elfes savent quel danger elle cache. Rien de plus horripilant pour un humain qu'un elfe qui fait un jeu de mots en plein milieu d'une importante déclaration diplomatique. Il faut comprendre que pour un elfe, jouer avec la langue, rimailler, faire des calembours est presque un devoir sacré.
A noter que ce qu'on appelle l'elfe antique n'est pas la langue de la civilisation d'avant l'Egire. Mais avec une telle propension à la création linguistique et aux jeux de langue, l'Elfique est une langue qui évolue beaucoup, et des textes rédigés il y a trois mille cycles sont souvent illisibles pour les elfes actuels.

- Les elfes choisirent la Stase. Doctrine officielle et plus que jamais d'actualité, les elfes cessèrent toute évolution scientifique et technologique. L'acier forgé, il y a 9000 cycles l'était avec les mêmes techniques qu'aujourd'hui, les maisons construites de la même façon. L'obsession humaine du "toujours mieux, plus vite, plus fort" n'existe pas chez les elfes, et est considérée comme très dangereuse. Nombreux sont les elfes qui pensent qu'un jour les orcs et les humains disparaîtront comme disparurent les elfes.
Les elfes ne cherchent que l'équilibre.
Les lois furent codifiées tardivement, mais depuis qu'elles le sont, elles n'ont pas changé.
La société n'évolue pas, elle s'adapte légèrement, petit à petit. C'est l'une des raisons pour lesquelles les elfes n'aiment pas être en relation avec les royaumes humains et orcs : tout y bouge le temps, ils ne sont pas fichus de garder un roi plus de 100 cycles, ni une loi plus de 20.

- La grande forêt fournissant gibier, baies et fruits en abondance, il n'a jamais été question d'agriculture intensive, ou de domestication de la nature. Désormais les elfes vivraient en symbiose avec la nature. Ils adoptèrent la Loi Naturelle.

Les dieux revinrent ensuite, les uns après les autres. Ils ne s'incarnaient plus, mais parlaient en songe aux elfes, les visitaient, les possédaient parfois. La première à revenir fut Galmaniel et elle fut vénérée comme la source de toute chose, la mère de la forêt et du monde.

Puis rapidement vint Elduniel et avec elle, commença l'âge de la Force.

L'Age de la Force



Il faut comprendre qu'en ayant fait le choix de la Loi Naturelle, les elfes avaient abandonné la notion d'état et même réellement de société. Il n'y avait pas de monnaie, pas d'autorité, pas de dirigeants d'aucune sorte. Tous vivaient en harmonie par une sorte d'égoïsme bien compris qui faisait que chacun savait qu'en ne provoquant pas son voisin, et en respectant ses biens, celui-ci ferait de même. Les conflits étaient réglés par la médiation collective, et tout allait pour le mieux.

Mais quand Elduniel la Rouge vint souffler dans le cœur de ses premiers disciples, les choses changèrent. Ils montrèrent un autre aspect de la Loi Naturelle, celui du tous contre tous, de l'Ambact Verna, du règne du plus fort. Ils étaient violents, brutaux, prenaient ce qu'ils désiraient : femmes, nourritures, œuvres d'arts… Dans l'ordre naturel des choses, ils étaient les prédateurs, et les autres elfes, les proies.
Si de nombreux elfes souffraient de la situation, personne n'aurait songé à la remettre en cause : chacun savait que la nature n'est pas tendre, mais violente et sans pitié. Pour beaucoup, Elduniel n'était qu'un autre visage de Galmaniel. Là où Galmaniel était la naissance, la paix et la satiété, Elduniel était la mort, la guerre, le manque.
Elduniel était la faux du renouveau, détruisant pour permettre de nouvelles naissances. Sans elle, beaucoup estimaient que la Stase serait devenue sclérose, calcification. La sauvagerie d'Elduniel permettait un équilibre actif. Le terme ancien pour "Guerre" était d'ailleurs le même que celui de "Loi". Elduniel et la violence de ses disciples étaient l'incarnation de l'ordre naturel des choses.
Shadaliel revint, puis Ulmidiel. Mais Ulmidiel était très mal vu. La recherche du savoir s'assimilait pour beaucoup d'elfes à une volonté de dynamisme et de rupture de la Stase.
On ne sait quand Velaniel revint, mais ce fut après Ulmidiel. Les fidèles de Velaniel voyant ce qui arrivait aux adorateurs d'Ulmidiel se cachèrent longtemps, faisant croire qu'ils étaient sans dieu.
Le règne d'Elduniel aurait pu durer longtemps, tant personne ne songeait à le remettre en cause.

L'Age de la Loi



Puis vint la révélation d'Enarsiel et le retour de Lorikiel. Quand le dieu réapparut, il parla par la bouche d'une jeune prêtresse, et annonça la fin de l'âge de la Force et le début de l'âge de la Loi. Cela ne se fit pas sans peine, il y eut de nombreux affrontements, les prêtres d'Ulmidiel, de Velaniel et de Lorikiel joignirent leurs efforts pour faire plier le clergé d'Elduniel. On dit que finalement Enarsiel engagea en duel Athenaëor, grand prêtre d'Elduniel, véritable démon sanguinaire et que par la douceur de son chant, elle parvint à le calmer. La scène de leur confrontation est contée dans le lai d'Enarsiel, et rejouée lors de la Grande fête de Lorikiel par le plus ancien membre du clergé d'Elduniel et la plus jeune membre du clergé de Lorikiel.
Ce qui est certain, c'est que moins d'un cycle après la révélation, les disciples d'Elduniel se soumirent et acceptèrent la Loi de Lorikiel. On passa alors de la Loi Naturelle à la Loi des Traditions, mais sans remettre en question ni la Stase, ni la soumission à la nature.
Les guerriers prêtèrent serment de mettre leurs lames et leurs colères au service de la Loi.

La Loi primitive était très fruste et très brutale. Les châtiments corporels, les mutilations et les exécutions étaient fréquentes, et le clergé d'Elduniel était responsable de les appliquer.
Il faudra attendre le règne de Fëanor pour que Lorikiel dicte le corpus actuel des lois. En vérité, il marque moins une vraie révolution qu'une harmonisation des pratiques qui avaient cours dans les différents clans et les différentes villes et un dépoussiérage des anciennes voies jugées trop brutales.

Peu après la révélation d'Enarsiel et sous l'impulsion du clergé de Lorikiel, la société elfe commença à se hiérarchiser, et à s'organiser. Ce n'est pas un hasard si il fallut attendre moins de 100 cycles pour que le besoin se fasse sentir d'une autorité suprême et que Lómion soit couronné roi, porté par la ferveur populaire. L'apparition d'une autorité laïque se fit avec force grincement de dents chez de nombreux prêtres qui abandonnèrent du coup une grande quantité de leurs pouvoirs.

Lomion



L'histoire du premier roi et considéré par certains historiens comme une légende, mais paradoxalement, même ceux là considèrent que Lómion fut le premier roi. Son mythe est profondément inscrit dans l'imaginaire elfe.

Lómion naquit donc il y a environ 6300 ans, dans une modeste famille de Ranewen. Ses parents étaient de modestes tanneurs et la tenace odeur fit que ses détracteurs affublèrent vite Lómion du cognomen de "puant."
Il s’avéra que cet enfant apprenait bien plus vite que les autres. Il se montrait habile en tout. Ses parents n’avaient de cesse de vanter ses mérites. Il grandit rapidement en maturité et fit ses premiers pas dans le monde des adultes alors même qu’il n’atteignait pas la taille d’un adolescent.
Tout en lui le prédestinait à être un chef si ce n'est sa modeste extraction. Il avait la connaissance, la sagesse et la capacité au combat qu’un elfe au terme de sa vie n’aurait normalement pas pu atteindre.
Nombreux étaient ceux qui se mirent à voir en lui l’incarnation d’un dieu. Un nouveau dieu sage et puissant, venu sur Ideo pour mener les Elfes vers leur destinée.
Le peuple Elfe venait de quitter l'âge de la force, et tous cherchaient une personnalité forte pour faire respecter les nouvelles lois. Le clergé de Lorikiel soutint Lómion et bien vite, tous lui rendirent hommage et voulurent faire de lui un quendëtar, un roi.

Quand la puissante famille Aradan, les plus grands forgerons de Ranewen offrirent leur fille unique Erenthial en mariage au jeune roi, toutes les réticences disparurent, et plus jamais on ne parla du jeune elfe comme de "Lómion le puant." Erenthial était le joyau de Ranewen, tant par sa beauté que par sa fortune, et il est dit qu'elle aima follement Lómion dès le premier regard. Lors du mariage, tous furent éblouis par l'incroyable beauté des mariés et par l'amour sincère qu'ils se portaient visiblement. Lómion prit son nom, puisqu'il n'en possédait pas lui-même, et c'est ainsi que naquit la première dynastie elfe, celle des Aradan.

Toutefois, nombre de prêtres d'autre clergé voyaient d'un mauvais œil à la fois ce qu'ils considéraient comme de l'idolâtrie et un grand risque pour leur propre pouvoir. Ils choisirent donc un elfe simple et innocent pour faire passer à Lómion l'épreuve de la mort. L'argument théologique était que si il était réellement un dieu, il ne mourrait pas et saurait leur pardonner dans son infinie mansuétude. Pour de nombreux historiens, l'argument théologique n'était qu'une excuse cynique pour assassiner celui qu'ils considéraient comme un rival.

Le jeune roi, le lendemain de son couronnement et de son mariage, alla se promener seul dans la forêt. Il n'avait avec lui aucun garde ni aucune escorte. Il était un excellent guerrier, et de toute façon tout son peuple l'aimait et l'adulait.
Une fléchette empoisonnée mit fin à sa vie. Une simple blessure à la nuque et le roi tomba, mort avant d'avoir touché le sol.

C'est pour commémorer cet évènement tragique que lors de la cérémonie du couronnement de tous les quendëtar, on leur brûle avec un stylet de métal rougi une minuscule cicatrice dans la nuque.

Un tel évènement aurait pu plonger le peuple Elfe dans le chaos et annoncer le retour de l'ère de la Force. Le clergé d'Elduniel ne se priva pas de faire remarquer que le roi avait, par sa mort, prouvé sa faiblesse, et par là même son inaptitude à gouverner.
Mais un nouveau prodige vint prolonger l'âge de la Loi.

Erenthial fut très touchée par la mort de son époux. La jeune reine pleura tout le jour et toute la nuit, à l’annonce de son veuvage. Puis, elle souhaita se rendre à l’endroit exact où son époux était tombé. Ce qu’elle fit seule.
Nous ne pouvons donc qu'extrapoler ce qui suivit, mais peu d'épisodes de l'histoire du peuple elfe furent aussi mis en chansons, en poèmes, pièces de théâtre et ballets que ce qui, nous dit la légende, suivit. Laissons la parole à Endred Lissül et à ces vers immortels :
"Arrivée sur place, Erenthial s’agenouilla sur la terre humide. La forêt lui faisait l’effet d’avoir pleuré elle aussi. Des larmes glissèrent sur sa joue, qu’une main enveloppée de froid vint essuyer"

On ne sait pas exactement ce qui arriva alors car Erenthial resta fort discrète sur l’affaire.
La thèse officielle, qui est également la plus prisée des poètes, affirme que le jeune roi apparut à son épouse sous la forme d’un spectre d’elfe adulte et qu'il s'unirent afin qu'elle porte son fils. D’autres prétendent que cette apparition était l’œuvre d’un mage elfe puissant, désireux d’asseoir sa descendance sur le trône elfique, pour certains, c'est Lorikiel en personne qui vint s'unir à la reine veuve, alors que pour d'autres, l'enfant fut simplement conçu pendant la nuit de noces.

Quoiqu’il en soit, Erenthial revint, prétendant porter en son sein le fils de son défunt époux et roi. Sa grossesse dura une journée et une nuit pleines, autant de temps, remarqua-t-on, que les pleurs de la reine.
Et, au petit matin naquit l’enfant, dans un accouchement rapide et sans aucune douleur. Il fut baptisé Nienor, ce qui, en elfique, signifie deuil.
Les diverses versions concernant l'origine de l'enfant divisèrent quelques temps les elfes. Mais, comment faire face au prodige d'une telle naissance ?
De plus, l’enfant ressemblait trait pour trait à son père et avait hérité la même facilité à l’apprentissage, de la même précocité, du même génie.
Les querelles cessèrent donc à son sujet car il s’avéra être un bon roi, populaire, aimé de son peuple, et à l’écoute de ses sujets.
Le clergé, d’abord réticent, finit par renoncer au pouvoir temporel et jurèrent fidélité à
Nienor, une fois établi clairement qu'il n'était qu'un elfe, sans aucune origine divine.
Nienor, soucieux d'établir de bonnes relations avec les temples, insista toute sa vie sur sa non-divinité, mais les récits de l'époque, font état d'un elfe qui courait plus vite que le cerf, calmait un ours furieux par ses chansons, à qui nul ne pouvait mentir sans qu'il le sache, et dont les yeux étaient si troublants que personne ne pouvait soutenir son regard.

La reine mère Erenthial se retira du monde, n'apparaissant qu'en de très rares occasions. On ne lui connaît pas d'amis, pas de confidents, et surtout, elle ne laissa aucune trace écrite ou peinte. Pas de lettres, pas d'œuvres, seul son nom a survécu à son passage sur terre, souvent murmurée comme une prière par les nis à l'heure de la délivrance, pour que l'accouchement soit rapide et sans douleur.

Nienor



Nienor eut le plus long règne de toute l'histoire du peuple Elfe. Beaucoup pensent que c'est par amour pour ses fils qu'il quitta le trône, le jour anniversaire du 2000ème cycle après son couronnement.
On ne sait exactement pourquoi, mais Nienor, alors que toutes les plus belles femmes du royaume étaient transies d'amour pour lui, il choisit Idril, une elfe plus vieille que lui, une amie d'enfance de Lómion, issue d'une famille d'artisans peu fortunés. Nienor la rencontra alors qu'il allait visiter l'ancienne maison de son père et l'aima immédiatement. Ses origines modestes et son manque d'éducation furent un sujet de sarcasme et de mépris, surtout venant de toutes celles qui jalousaient sa place. Elle n'était pas très belle, plutôt maladroite. Enfin, la façon pour le moins trouble dont Nienor la choisit, elle qui aimait son père, la rendirent suspecte. Malgré tout cela, l'incroyable gentillesse d'Idril, sa patience et sa compassion en firent rapidement une souveraine aimée et respectée et sa grammaire maladroite attendrit vite plus qu'elle ne choqua.
Leur amour donna naissance à trois enfants ; Balan, Amras et Yavanna. Quand Nienor se retira, c'est à Balan, son aîné qu'il laissa le trône, décision que de nombreuses personnes estimèrent funeste.
Amras ne régna jamais mais devint Grand Intendant du royaume. Quand à Yavanna, elle apprit l’art du combat et partit à l’aventure. Elle revenait souvent au sein de sa patrie raconter ses voyages. Mais un jour, on ne la revit plus. Plusieurs équipes furent dépêchées pour la retrouver, en vain. La princesse avait disparu. Personne ne découvrit jamais ce qu’il était advenu d’elle. Son mythe hante encore l'imaginaire de nombreux jeunes elfes, désireux de la retrouver et de nombreuses jeunes nis, désireuses de lui ressembler.

Sous le règne de Nienor, les années furent douces. Il accomplit peu de faits d'armes héroïques, mais on lui doit pratiquement toute l'infrastructure administrative du peuple Elfe. Travaillant main dans la main avec le clergé de Lorikiel, il conçut un système suffisamment stable pour que nul n'ait à y toucher et suffisamment léger pour que la Stase ne soit pas mise en danger.

C'est sous son règne qu’apparurent les premiers humains et orcs. Il ne s'agissait à l'époque que de petites bandes peu organisées, mais la nature profondément dynamique de ces deux races inquiéta vite les plus anciens membres du peuple elfe, ceux qui étaient assez vieux pour se souvenir de l'Egire. Les premiers écrits elfes connus qui parlent des elfes et des deux nouvelles races sont de cette époque. Ils ne sont pas tendre et montrent l'incroyable mépris que les elfes pouvaient avoir pour elles, si primitives et si éphémères.
Pour la majorité des elfes de l'époque, la situation était claire. Ces nouvelles races étaient une menace, et il fallait rapidement les exterminer, jusqu'à ce qu'aucun ne survive plus.
Une minorité s'y opposait pour des raisons pratiques : ces races se reproduisaient à une telle vitesse que les tuer tous serait long, fastidieux et voué à l'échec.
Si l'on en croit les textes de l'époque qui nous sont parvenus, Nienor n'avait à ses côtés qu'une toute petite minorité de penseurs qui affirmaient qu'il n'était pas moral de sortir de la forêt pour mettre un terme à la vie de ces créatures.
Il tint bon, contre son peuple, et ordonna qu'on laisse les humains et les orcs tranquilles, mais que l'on soit sans pitié avec ceux qui tenteraient de violer l'espace de la forêt.

Les cycles se déroulèrent paisiblement. Les trois principaux temples, Galmaniel, Lorikiel et Elduniel rythmaient la vie du Peuple Elfe. Les membres du clergé de Shadaliel étaient assez secrets, la nature énigmatique de leur déesse déteignant sur eux. Dans la mythologie elfe, si Galmaniel est la première déesse, Shadaliel serait la déesse zéro, celle dont sont issues toutes choses et où toutes retourneront. Aux dires de ses prêtres, Shadaliel ne les a jamais quittés, même pendant l'Egire.
Les membres du clergé d'Ulmidiel et de Velaniel devaient marcher sur des œufs, toute la nation elfe guettant leur moindre faux pas.
Nienor était un roi très pieux, et très suspicieux envers la magie profane. Il ne prit jamais de mesures coercitives fortes envers les temps d'Ulmidiel et de Velaniel, mais il les maintenait sous hautes surveillances. Aucun des membres de ces deux clergés n'occupa de position importante dans l'administration elfique pendant bien des cycles. Les descendants de Nienor eurent la même attitude envers les temples.
La polémique au sujet de ces cultes cessa brutalement 4000 cycles après le couronnement de Nienor, a la disparition du clan Flammedargent. Quand le clan disparut, le problème des adorateurs de Velaniel fut réglé. Il y avait très peu d'adorateurs du dieu hors du clan Flammedargent et la plupart vivaient à Elrohir, ayant rejoint le clan par adoption et les suivant dans leur perte.
Avec la disparition du clan Flammedargent et des adorateurs de Velaniel, le culte d'Ulmidiel se trouva soudainement très isolé et dut prendre une décision.
Le culte avait toujours oscillé entre deux aspects : on parlait de la Poitrine d'Ulmidiel en parlant des membres de son clergé qui regardaient vers l'avenir et du Dos d'Ulmidiel pour ceux qui s'intéressaient au passé. Si la Poitrine d'Ulmidiel effrayait et inquiétait tant leurs discours étaient teintés de progressisme, le Dos d'Ulmidiel n'était pas moins source de troubles quand leurs recherches les amenaient à regarder au-delà de la barrière de l'Egire.
A la disparition du clan Flammedargent, le clergé d'Ulmidiel prit officiellement position : le temple ne regarderait jamais plus loin vers l'avant que maintenant, et jamais plus en loin en arrière que l'Egire. Tout le monde poussa un soupir de soulagement, mais en vérité, derrière les murs massifs de leurs bibliothèques, peu savent ce que les prêtres du dieu du Savoir trament.

Balan



Quand Nienor céda le pouvoir, ce fut donc son fils aîné Balan, qui prit le pouvoir et son frère Amras qui devint intendant. L'intendant de Nienor n'est pas resté à la postérité tant le roi réglait tout par lui-même, infatigable et jamais pris en défaut.
Après lui, tous les rois furent secondés par un intendant puissant, parfois plus que le roi lui-même. Amras était de ceux là.
Balan était un roi paresseux. La plupart du temps, il laissait son frère se charger de régler les problèmes de son peuple, ne s’attelant lui-même qu’à l’organisation des fêtes et des réjouissances. Bon nombre de ses sujets étaient conscients de ce fait. Mais, comme Amras ne semblait avoir aucune rancœur par rapport à cela, les elfes firent de même. Il était de notoriété publique qu'Amras était le vrai souverain et à plusieurs reprises on voulut destituer officiellement Balan. Mais Amras s'y refusa toujours.
Balan n'était pas un mauvais roi, il ne sombra jamais dans la dépravation et il était un écrivain apprécié pour ses pièces bouffonnes et ses farces parfois vulgaires. Mais si la cour était souvent affligée par l'humour du roi, le peuple appréciait ce roi proche d'eux, qui leur rappelait sa mère Idril. Comme elle, il ne faisait pas de grands discours, et préférait une bonne blague qu'une leçon de morale.
Les peintures de l'époque le représentent avec de l'embonpoint et un air malicieux. Pour certains de ses biographes tardifs, Balan était plus qu'il ne montrait. A la relecture, certaines de ses œuvres montrent une redoutable intelligence, et un sens du mot très juste, dissimulant parfois sous l'obscénité une grande poésie. Il était déjà adulte depuis bien des cycles quand il accéda au trône et avait souffert toute sa vie de la comparaison avec son père, athlète incroyable, être supérieur, soleil éteignant toutes les étoiles à côté de lui. Il semble que la médiocrité fut un choix délibéré de Balan, la perfection étant déjà prise.
Balan se maria très tard, et comme son père, il épousa une roturière, Miriel. Mais elle n'était pas Idril. Elle était d’une timidité maladive et restait confinée dans ces appartements la majeure partie du temps, ne supportant l'ambiance de la cour, ne se sentant pas à son aise dans toute cette agitation et ces fêtes. Ils n’eurent pas d’enfants et beaucoup d'historiens parlent de leur mariage comme d'une histoire fort triste, où aucun des deux époux ne parvenait à atteindre l'autre, et où l'incompréhension mutuelle n'engendrait que souffrance et chagrin.

Si le règne de Balan fut très long, il y eut peu d’accomplissements majeurs. Amras agissait en gestionnaire des acquis et en fidèle disciple de la Stase il ne fit que consolider ce qui avait été fait par son divin père.
La seule source d'opposition connue entre les frères concerna les mages. Amras voulait aller encore plus loin que son père, et prit de nombreuses dispositions qui rendait la vie des membres du clan Flammedargent, l'essentiel des adorateurs d'Ulmidiel et de Velaniel très difficiles. Certains textes de lois postérieurs aux réformes nous sont parvenus, et ils font état de véritables persécutions, allant jusqu'aux brimades physiques et dans certains cas, aux exécutions.
Finalement, l'histoire raconte qu'il fallut qu'une jeune adoratrice de Velaniel du nom de Mëlindya vienne se prosterner devant Balan, lors d'un déplacement d'Amras et lui présente ses doléances. Sa supplique ne convainquit pas Balan, qui rit et fit une plaisanterie aux sujets des yeux rouges des membres du clan. Si la plaisanterie ne resta pas dans les annales, la réponse de Mëlindya elle, marqua les esprits, ainsi que son geste. " Si mes yeux vous empêchent d'entendre la plainte de mon clan, alors que mon sang coule pour que leurs cris viennent jusqu'à vous." Elle s'approcha du trône, sortit une longue plume de paon de sa manche, se creva les yeux avec, et écrivit de son sang la supplique qu'elle était venue porter à même la robe du roi, avant de s'effondrer.
Quand Amras apprit ce qui s'était passé, ce ne fut pour lui que le signe de la folie du clan Flammedargent et du danger qu'ils représentaient pour le peuple elfe. Mais le geste de Mëlindya avait beaucoup impressionné Balan. Il l'avait laissée faire, avait interdit aux gardes de l'interrompre. Il demanda à ses médecins personnels de veiller à la guérison de la jeune fille, brisa tous les édits d'Amras, et relâcha le contrôle exercé sur les clans. Il renvoya la plume à Elrohir où elle fut longtemps considéré comme un trésor du clan. Si la Plume de Mëlindya a disparu, la robe de Balan est toujours conservée au palais de Ranewen comme un symbole de bonne volonté du pouvoir vis à vis des clans.

Ce fut le fils d’Amras, Caranthir, qui fut proclamé roi lorsque Balan, au bout de 1600 cycles environ, se retira dans la forêt.

Caranthir



Caranthir fut donc le quatrième roi des elfes. On parle de lui comme d'un "bon roi", de "notre généreux roi".
Son œuvre diplomatique fut très importante. C'est sous son règne que les premiers semblant de royaumes humains apparurent sous forme de cité-état et que des meutes organisées d’orcs firent leur apparition. Il ne s'agissait à l'époque que de bien modestes domaines mais qui montraient les premiers signes de civilisation et d’organisation.
Caranthir ordonna qu'on laisse les humains et les orcs tranquilles, mais que l'on soit sans pitié avec ceux qui tenteraient de violer l'espace de la forêt. Il envoya des émissaires prévenir les principaux seigneurs de guerre humains et orcs et parvint à faire respecter les frontières de la Grande Forêt. Il tenta également de mettre en garde les humains et les orcs contre la voie du progrès mais sans grand succès.
Heureusement pour les guerriers elfes désireux d'en découdre, ces accords furent de nombreuses fois violés et renégociés, et les orcs en particulier tentèrent fréquemment de pénétrer dans la forêt.
La violence de ces escarmouches et le coût parfois lourd en vies elfes calma les esprits : ces races étaient certes barbares, mais redoutables, et un conflit ouvert ne pourrait avoir que de dramatiques conséquences. Petit à petit, le peuple elfe dans son entier finit par admettre que la voie diplomatique était une meilleure solution. C'est sous Caranthir que fut dressé la charte diplomatique toujours en vigueur, qui donne le pouvoir aux ambassadeurs pour négocier, et fixe les limites de ce qui n'est en aucun cas négociable. Grâce à cette douce mais ferme volonté, la paix fut maintenue et les frontières de la Grande Forêt ne reculèrent jamais.
Les conflits frontaliers étaient fréquents, mais même s'ils maintenaient une ambiance de conflit permanent, la vie était douce.

Certaines sources plus critiques tendent à faire penser que d'une personnalité faible, le roi avait laissé le pouvoir quitter la maison royale pour être accaparé par l'intendant et les grands prêtres. Protégés par les décrets de Balan, le clergé d'Ulmidiel et de Velaniel relevèrent la tête et les luttes de pouvoir entre les clergés de Lorikiel et d'Elduniel et eux furent particulièrement virulents. Ce fut une époque de héros, de quêtes, un temps où l'on cherchait la gloire et la fortune pour honorer son temple.
Caranthir épousa Aredhel, une parfaite inconnue, également roturière, dans le seul but d’avoir un héritier. Aredhel n'était la favorite d'aucun des temples ni des grandes familles. Tous avaient une prétendante à lui proposer et il en choisit une autre. Il existe une tragédie " L'amour perdu du Roi Elénis " qui conte une histoire qui pourrait bien être celle de Caranthir. Cette ancienne pièce de théatre raconte l'histoire d'un roi, dont tous se disputent les faveurs, et que tous veulent marier à une femme de leur clan. Les grands prêtres, l'intendant et les grandes familles sont présentés comme d'abominables comploteurs, ambitieux et avides de pouvoir. Mais le roi en aime une autre. Des assassins sont envoyés par les ambitieux pour tuer celle qu'il aime, et l'aimée du roi ne survit que de justesse. Le roi, pour protéger celle qu'il aime, épouse une parfaite inconnue, faisant ainsi la nique aux puissants. Beaucoup d'éléments de la pièce font penser qu'il s'agit d'une transposition de l'histoire de Caranthir, le roi Elénis a beaucoup de traits qui sont prêtés à Caranthir. Toutefois, la majorité des philologues estiment que le texte est bien postérieur au règne de Caranthir, au moins 400 cycles avant son arrivée au pouvoir et qu'il ne peut donc s'agir de lui. La question n'a pas été officiellement tranchée, en tout cas, aucun grand prêtre n'a été poursuivi pour tentative de meurtre. Mais il est vrai que la pièce fait encore grincer des dents chaque fois qu'elle est jouée, ce qui explique qu'elle l'est assez rarement.
La reine mit au monde deux enfants ; Marach et Nerdanel.
Marach succéda à son père au bout de 570 cycles environ. Nerdanel, elle, fit un mariage d’amour avec un jeune archer dont elle eut quatre enfants, les premiers à étendre la famille royale à plus d’une branche.

Marach



Marach, également appelé ‘’Le Roi Fou’’, régna 410 cycles. Mais, ce fut surtout l’intendant Argrod qui dirigea le peuple elfe.
Au début de son règne, Marach développa une maladie étrange. Nul prêtre et nul guérisseur n’avait déjà eut affaire à ce mal. On ne pu donc qu’espérer une amélioration de l’état de santé du roi. Ce qui finit par arriver. Mais, la maladie avait rongé l’esprit du monarque. Dès lors, il ne tint jamais plus de propos cohérent. Mais, le peuple l’aimait beaucoup car, malgré sa folie, il était d’une extrême gentillesse avec les elfes. Un peu comme un père prodiguant son amour à ses enfants chéris.
Nul besoin de préciser que tous ceux qui s'étaient infiltrés dans les plus hautes sphères du pouvoir l'aimaient encore plus. Tous s'accomodaient très bien de la folie douce du roi. Et le peuple n'osait s'élever contre la volonté de ses grands prêtres et des grandes familles. Ils respectaient la Stase et l'équilibre.
37 cycles après son couronnement, le clan Flammedargent disparut, en plein coeur d'une importante dispute avec le clan Hautelame, qui avait déja fait quelques morts.
Le Grand Prêtre d'Ulmidiel annonça que les membres de Flammedargent avaient été trop avides de savoir en matière de magie, et avaient touché à des secrets qui auraient dû rester du domaine des dieux. Mais chacun savait que l'affaire était en réalité bien plus complexe que cela...
Le clergé d'Ulmidiel se réunifia, renonça à l'avenir et au passé trop lointain et put travailler de concert avec les autres temples.
Son épouse, Indis qu'il avait épousé très jeune, bien avant d'être roi, mit au monde trois enfants ; Fëanor, Celegorn et Amrod. Comme de bien entendu, Fëanor fut le roi suivant. Celegorn et Amrod, quant à eux, devinrent de valeureux guerriers elfes. Ils se marièrent tout deux et eurent des enfants, agrandissant ainsi la famille royale.
Indis était une elfe de caractère, extrêmement cultivée et savante. Elle avait épousé Marach quand il était encore un ner plein de fougue, scandalisé par la faiblesse de son père, et qu'il tenait des propos virulents contre ceux qui accaparaient le pouvoir. Si Indis ne cacha jamais son antipathie pour les grands prêtres, particulièrement envers celui de Galmaniel, qu'elle accusa à mi-voix durant sa vie, puis très directement dans ses mémoires, d'avoir causé la maladie de Marach. Ce qui est certain c'est qu'elle éleva ses enfants en n'acceptant aucune ingérence, étant leur propre percepteur, et en luttant bec et ongles pour éviter qu'il ne tombe sous l'influence de l'un ou l'autre temple.

Fëanor



Aussi, quand Fëanor monta sur le trône en –627, beaucoup se doutaient que les choses allaient changer. Fëanor fut le premier roi depuis Nienór à gouverner pratiquement sans son intendant, éclipsant tout à fait le pauvre ner dont le nom ne resta pas dans l'histoire. A tel point que durant son court règne de 403 cycles, il en changea quatre fois. Bourreau de travail, esprit puissant, Fëanor reste le plus connu pour son colossal travail législatif, que de nombreuses personnes pensent directement inspiré par Lorikiel. Aidé de deux humains, Solon et Pissistrathès, il refondit complètement les lois ancestrales, et réussit le tour de force de ne jamais transformer la loi, au delà de ce que la tradition et la Stase le permettaient. Solon et Pissistrathès étaient originaires de la future Angelune, une des cités-états qui allaient devenir le royaume d'Ithoria.
Fëanor avait d'excellentes relations avec les humains du Nord, et la relation privilégiée du peuple Elfe avec ce qui allait devenir Ithoria date de cette période.
Beaucoup d'elfes s'émurent de ce qu'ils considéraient comme une ingérence des humains, et le fait que certains d'entre eux soient admis au sein de la forêt était pour de nombreux elfes une offense insupportable.
Mais Fëanor était doté d'une colonne vertébrale forte et ne plia jamais. Il reconquit tous les espaces de pouvoir, tout ce que le clergé avait officieusement pris sous sa coupe. Fëanor reprit tout en main, mena procès sur procès, évita quatre tentatives d'assassinat et beaucoup pensent qu'il s'épuisa à la tâche et se dégoûta des affaires. Il se retira rapidement, en fait, dès qu'il eut écarté du pouvoir tous ses opposants, et nommé à leur place des hommes de confiance. Une fois qu'il eut fait place nette, il laissa le trône à sa fille.
Fëanor était un homme ombrageux, secret, peu enclin aux civilités, aux réceptions ou aux festivités. Il n'était pratiquement jamais présent aux pièces de théatres ou aux lectures de poêmes au château. Et quand il était présent, il partait généralement avant la fin. Les mauvaises langues disaient qu'il fréquentait trop les humains et qu'il avait acquis comme eux la peur de mourir.
Il épousa une elfe toute aussi discrète que lui : Niniel. Intellectuelle réservée, elle fut la confidente, la seconde de son mari, le soutenant en tout, sachant le contredire quand il s'engageait dans une mauvaise voie.
Elle donna naissance à une unique fille. Après quoi, les guérisseurs lui déconseillèrent grandement toute autre grossesse, sous peine d’y laisser la vie.
Fëanor laissa ses sujets aux bons soins de sa fille, Serindë, lorsqu’il la considéra assez sage pour remplir cette tâche.

Serindë



La société elfe n'est pas sexiste, aussi rien ne s'opposait à ce qu'une reine prenne le pouvoir, du moins en théorie. Toutefois, le clergé d'Elduniel mena la vie dure à Serindë.
Manipulation de la reine ou coup de chance pour elle, un oracle vint avertir les fidèles d'Elduniel : bientôt, la déesse les mettrait à l'épreuve. Et ils fallaient qu'ils soient prêts.
Le clan Hautelame se replia beaucoup sur lui même, et se désintéressèrent de l'arêne politique, se préoccupant plus de l'art de la guerre.

Quand vint le Fléau, les cultes d'Elduniel étaient encore violents. Ils endossaient tout ce que les autres elfes refoulaient, ils étaient la part sombre du peuple elfe : ombrageux, colériques, violents. Les rites d'initiation étaient menés en secret et laissaient plus d'un enfant traumatisé, dans sa chair et dans son âme.
Tout ceci était toléré, même si de nombreux prêtres s'en offusquaient, pour une seule raison : ce que les fidèles d'Elduniel faisaient, les autres elfes n'avaient pas à le faire. Le culte d'Elduniel était la catharsis de tout un peuple. A travers leurs féroces guerriers, les elfes pouvaient projeter leurs colères et leur sauvagerie, et continuer à vivre dans l'ataraxie. Les fidèles d'Elduniel ne vivaient pas forcément bien le culte, pour beaucoup il était douloureux de se sentir si différent du reste du peuple elfe. Douloureux de sentir la déesse enflammer leurs sens et leurs émotions, douloureux d'effrayer les autres elfes, douloureux de dédier sa vie à une déesse ivre de sang.
Le culte était très étendu et comprenait de nombreuses voies différentes de communion avec la déesse. Pratiquement toutes ont disparu aujourd'hui.
L'un des voies les plus célèbres parmi les fidèles d'Elduniel était celle des Kopchakis, les guerriers de la haine. Ils prêtaient serment à Elduniel dans des rites sanglants où ils buvaient le sang les uns des autres, juraient de bannir tout amour de leur vie et vivaient par ce qu'ils appelaient le Pacte de la Haine. On dit d'eux qu'ils étaient les préférés de la Déesse, se jetant corps et âmes dans les batailles, sans remords ni pitié. Aucun ne survécut au Fléau.
Une autre voie était celle des Sans Visages. Ils se façonnaient de morbides masques de guerre en découpant la peau du visage de leurs ennemis et les revêtaient pour partir au combat. Ainsi, leur visage sous le masque restait à l'abri de la fureur de la guerre, et ils parvenaient à faire une coupure entre leur visage de guerre et la vie extérieure. L'âge et la folie gagnant, nombre d'entre eux finirent par ne plus enlever leurs masques, certains se le cousant à même la peau.
Le troisième clan le plus célèbre était celui des Danseurs de Guerre, qui se jetaient en tournoyant dans le combat, ne cessant jamais de danser, de bondir, cherchant dans l'épuisement la transe et la communion avec la déesse. La mort la plus fréquente pour les Danseurs n'était pas d'être tué par un ennemi, mais simplement de tomber de fatigue et de ne jamais se relever.

Pendant le Fléau, c'est bien évidemment le culte d'Elduniel qui subit le plus de pertes. Quand ils revinrent affaiblis et décimés, les autorités religieuses et civiles en profitèrent pour nommer aux postes de responsabilité des personnalités plus modérées, et graduellement, mais sans faiblir, édulcorèrent le culte de la déesse pour en enlever les parties les plus gênantes pour la société elfe moderne, et excorier les derniers reliquats de l'âge de la Force.
Même si le culte d'Elduniel est aujourd'hui encore un culte puissant, il n'a jamais retrouvé l'ampleur qu'il a pu avoir à une période.

Quand le Fléau apparut, il faut comprendre que c'était la première menace militaire sérieuse qui agressait le peuple elfe. Tous les autres conflits avaient été ponctuels, réglés par la diplomatie, ou par quelques escarmouches éclairs.
Quand vinrent les non-morts, la question était différente. On ne pouvait discuter avec eux, ils ne désiraient que la mort de tout ce qui vit, il ne pouvait y avoir de sauvegarde que dans leur anéantissement. Si à l'époque, des informations contradictoires conduisirent de nombreux membres du Peuple Elfe à sous estimer la menace, tous s'accordent pour dire qu'il était absolument indispensable d'aller lutter.
Mais sur le moment, le débat fut difficile. Serindë avait gardé de son père les mêmes amitiés avec les humains, et quand elle pressa les membres du conseil à mobiliser l'armée elfe hors des frontières, elle rencontra une hostilité totale. On l'accusa de mettre la vie de ses protégés humains plus haut que la vie des elfes qui risquaient de mourir à la guerre.
Serindë tint bon, fit front et s'appuya sur Lessien Melwasúl.
Lessien était un elfe assez à part. Dans un clan de guerriers bouillants et féroces, Lessien était posé, calme. Il avait étudié la stratégie auprès des humains, s'intéressant de près à ce qui était universellement méprisé par le reste des guerriers elfes.
Pour la majorité des elfes, le combat était avant tout l'exploit individuel, le duel, l'extase mystique et la communion avec la déesse. Pas une planification méthodique.
Ami proche de Serindë, (d'aucuns prétendent que leurs rapports allaient au delà de l'amitié et on ne compte plus les pièces de théatre, les romans et les poèmes qui leur prêtent une liaison), ils mirent en place un vaste plan d'intervention conjointement avec ce qui allaient devenir les Ithoriens et les Kohriens. Aussi quand après de longs débats, une alliance fut enfin signée, le clan Hautelame était prêt.
Il y eut de graves tensions entre Lessien et Aflëthos, le Grand Prêtre d'Elduniel de l'époque. Aflëthos était un guerrier incroyable, dont l'art était sans pareil, il était surnommé "le boiteux" depuis que pris en embuscade, il avait terrassé cinq slaads à mains nues, la jambe brisée. Sa blessure n'avait jamais complètement guérie et il boitait légèrement. C'était un grand mystique, possédé par Elduniel, ne vivant que par et pour la guerre, pour le combat, pour l'excitation de la lutte. Elduniel était si présente en lui, que nul ne pouvait rester à côté de lui sans se sentir mal à l'aise, pris de pensées violentes, guerrières. Il était presque impossible de discuter avec lui, il était hostile à toute négociation, et méprisait Lessien au plus haut point.
Ce ne fut donc pas chose aisée pour Lessien que de monter son plan de bataille, devant à chaque instant s'opposer au clergé d'Elduniel.
Il finit par composer et au lieu de l'organisation qu'il avait prévu, il se résolut à utiliser des groupes séparés, chacun combattant à sa façon.

La bataille fut épouvantable, un cauchemar douloureux et encore vivace pour tous les elfes qui y ont participé. Chaque elfe qui tombait emmenait cent morts vivants avec lui. Mais quand cent morts vivants tombaient, mille se relevaient.
Lessien avait prévu de combattre, se replier, et ainsi infliger des pertes sans en subir. L'impulsivité et la fureur des guerriers d'Elduniel l'empêcha de mener son plan à exécution. C'est aujourd'hui encore la plus grande déchirure dans le coeur de ce général légendaire : de n'avoir pas su s'imposer et sauver tous ces jeunes et beaux soldats, tous ces elfes généreux et courageux qui se jetèrent dans la bataille comme on étreint une amante, et dont tant et tant ne revinrent pas.

Il est probable que toute l'armée elfe se serait faite massacrer sans le miracle des Paladins.
A l'issue de cette terrible bataille, un pacte fut scellé entre les humains et les elfes.

Il est à noter que l'alliance fut originellement scellée entre Dujun et Lessien, donc entre Kohr et le peuple Elfe. Mais si l'esprit de l'alliance fut conservé, la difficile succession de Dujun incita les elfes à considérer à la baisse le traité d'alliance avec Kohr. Les Kohriens n'ayant jamais cherché à reprendre des négociations, l'alliance a fini par disparaitre.
Peu après la formation du Saint Royaume, les ambassadeurs d'Ithoria vinrent sceller une alliance entre les deux royaumes, au nom de la lutte contre le Fléau. Serindë accepta et contrairement au traité Kohrien, celui-ci fut abondamme entretenu.
Le peuple elfe choisit définitivement son camp, qu'en en 1241, la grande guerre Kohr-Ithoria éclata. Le nouvellement couronné Luindlor choisit Ithoria, toujours considéré comme un allié sûr.
Il est amusant de noter que l'imagerie populaire a retenu l'image de Lessien scellant un pacte solennel juste après la victoire sur le Fléau, mais que la plupart des gens pensent que ce pacte fut passé avec le chef des paladins. Il n'y a que quelques anciennes oeuvres qui représentent Lessien et Dujun alors que la plupart des jeunes artistes représentent la scène avec un paladin idéalisé, se préoccupant peu que l'alliance réelle avec Ithoria n'ait été signée que plusieurs cycles après la fin de la guerre.

Après le Fléau, la société elfe se tourna résolument vers la paix.
Avec un clergé d'Elduniel étrillé, un clan Hautelame exsangue et dirigé par son allié, Serindë réalise le plus gros coup politique de son règne. S'appuyant fortement sur le culte de Lorikiel et le concept de temple civique, elle réalise l'unification des clans en 472.
Curieusement, la chose fut très bien acceptée. Alors que Serindë s'attendait à une guerre politique, il sembla que toute la société elfe était prête pour celà.
Il faut dire qu'après l'hémorragie du Fléau, une volonté nataliste fit considérablement baisser la moyenne d'âge du peuple elfe.
Ranewen fut choisie comme capitale et "humanisée". Soucieuse de présenter une façade à même d'impressionner les visiteurs étrangers, on bâtit les canaux et tout une ville "basse", c'est à dire à ras du sol, par opposition à la cité elfe, située dans les arbres, et fort peu spectaculaire, tant les architectes ont soin que les maisons s'intègrent au paysage.
La reine épousa Maeglin, un ami proche de Lessien, qui lui resta célibataire, alimentant les légendes et les racontars. Bien que se mariant assez agée, la reine se rattrapa et mit au monde cinq enfants : Maedhros, Nóm, Erinaël, Aëdya et Miryal, pratiquement les uns à la suite des autres.
Finalement Serindë se retira après un règne de 828 cycles. On la disait lasse et désireuse de profiter de la vie.

Maedhros



Maedhros était jeune quand il fut couronné roi, et mener les affaires du peuple ne l'intéressait que peu. Il avait vu sa mère s'épuiser au travail et ne tenait pas à ce destin. Les récits d'aventure de son père éclaireur lui plaisaient beaucoup plus. Il épousa Elenwë, une éclaireuse et passa le plus clair de son règne à parcourir la forêt, et à profiter du prétexte des visites diplomatiques pour découvrir Ideo.
Ce fut donc Nóm, qui fut nommé grand intendant, et tel Amras qui gouverna à la place de son frère, et élevant son fils, Luindlor Tylwyth.
De violents conflits opposèrent les elfes et les orcs durant cette période, sur la frontière sud. Les guerres violentes qui agitaient les tribus orcs entrainèrent de nombreux conflits.
Quand GuttraK unit les clans pour fonder Havrebois, la guerre fut déclarée. Paradoxalement, la guerre à proprement parler fut beaucoup moins sanglante que les nombreux cycles de conflit de basse intensité qui l'avaient précédé.
Lessien, toujours influent, fit justement remarquer qu'une guerre serait sans fin, et sans but, et que maintenant que l'on avait un interlocuteur, il était temps d'entamer des négociations.
Ainsi fut fait, et quand Maedhros signa le traité de Drogmar en 1091 ( après que Nóm ait mené tout le travail de négociations), le Peuple Elfe perdit son dernier ennemi.
La crise des Glyphes eut lieu peu après, et la guerre contre les Slaads qui s'ensuivit fut rapide et meurtrière.
Aux alentours de 1100, le peuple Elfe entama officiellement l'âge de la Paix.
La guerre contre les orcs et les slaads avait été couteuse en vies, et plus personne n'avait envie de se battre. Le clergé d'Elduniel avait fini sa mutation et aborda son dernier virage quand la doctrine de la défense fut théorisée par les théologiens du culte. L'attaque était proscrite, la guerre devenait strictement protectrice.
Il faut avoir tous ces éléments à l'esprit pour comprendre que quand en 1156, un duel d'archimage détruit une grosse portion de forêt, le peuple ne réagit pas. Ni raid punitif, ni vengeance. Maedhros fut injoignable pendant près de deux cycles à cette période et Nóm n'osa pas engager d'actions. Le peuple Elfe, bien qu'horrifié, réalisa qu'il s'agissait d'un élément isolé et qui ne risquait pas de se reproduire, prit le parti de ne rien faire.
Ce ne fut évidemment pas au goût de tout le monde, et pour tout un groupe d'elfes, il y eut là une grave trahison. Pour tous ceux là, les Arténiens sont un mal qu'il faudra rapidement purger.

Luindlor



Nóm ne se maria pas, élevant Luindlor comme si il était son propre fils. Dès que le roi fut en âge de gouverner Maedhros se retira, après 637 cycles et laissa Luindlor monter sur le trône.
Dès son premier cycle de règle, il dut arbitrer le conflit entre Ithoria et Kohr, où il prit entièrement le parti d'Ithoria. Beaucoup voient dans ses décisions et ses prises de paroles la main de Nóm qui habite non loin du palais, et que le roi consulte régulièrement. Aujourd'hui encore, 300 cycles après son couronnement, tous savent que Luindlor ne prendra pas une décision grave sans d'abord en parler avec son oncle.
Le Roi Luindlor fut autrefois marié à une elfe du nom d'Arimiwen. Cette dernière est décédée en 1257, enceinte d'un enfant qui ne vit jamais le jour. Tout le Royaume fut en deuil pendant plusieurs cycles

Le Traité de Drogmar (1091)



L’histoire entre les elfes et les orcs a toujours été particulière, les uns méprisant les autres pendant que les autres faisaient valoir leur force supérieure.
Les hostilités démarrèrent en 1082. Les batailles furent très courtes : les orcs apprirent bien rapidement à leurs dépens qu'aller affronter les Elfes dans leur forêt natale est suicidaire, et les elfes comprirent rapidement que se lancer à l'assaut des armées orques ne valait pas mieux. Afin de ne pas aller plus loin dans les hostilités, les deux royaumes décidèrent de conclure un pacte de non agression. Le sommet diplomatique fut mémorable, les Ambassadeurs elfes en tenues d’apparat contrastant furieusement avec les envoyés orcs parés de leurs grisgris et leurs fétiches. La ville de Drogmar fut choisie après d’âpres négociations, car plus proche de l’entrée de la forêt. A la suite des (brèves) discussions entre les diplomates des deux puissances, il fut décidé la création d’un petit chemin traversant la forêt du sud au nord, afin de laisser passer les ressortissants de l’Union de Havrebois à travers la forêt. Cet accord a détourné le problème des relations entre les deux royaumes et l’a concentré sur le chemin de pierre, étroitement surveillé par les elfes.

L’Alliance (0)



Vers l’An 0, une armée de morts-vivants survint hors des marécages, et attaqua tout être vivant sur son passage. Les morts-vivants prirent le contrôle du nord-ouest d'Ideo, excepté de la ville de Dominia, première ville humaine fortifiée à avoir vu le jour. Le Fléau s'étendait sur les terres d'Ideo comme la peste, et une armée titanesque assiégeait les portes de Dominia, affamant la population. On appela les plaines de la désolation la région contrôlée par les morts-vivants.

Un émissaire humain fut dépêché à Ranewën. La reine elfe Serindë écouta les propos de l'émissaire, et réunit le Grand Conseil. L'humain implorait le peuple elfe de livrer bataille aux morts-vivants, avant qu'il ne soit trop tard. Les elfes, quant à eux, étaient divisés. Certains estimaient que les morts-vivants n'arriveraient jamais à les vaincre dans la Grande Forêt, et que se risquer au-dehors de leur rempart naturel relevait du suicide. D'autres pensaient que leur seule chance de vaincre la menace consistait en une alliance temporaire avec les humains, et qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de s'allier avec le "peuple inférieur".

Après trois jours de débats et vote du conseil, à cinq voix contre deux, on choisit de lever la plus grande armée elfique jamais rassemblée. Le maître du clan de Hautelame, Lessien Melwasúl, fut nommé pour commander l'armée elfique. Les troupes se mirent en marche vers le Nord-Ouest.

Les archers elfes usèrent de leurs arcs et décochèrent des milliers de flèches vers les morts-vivants. Cela fut relativement inefficace, car les flèches n'endommageaient que peu les squelettes. Lessien regretta la disparition du clan de Flammedargent... Tant bien que mal, il mit à profit ses talents de stratège pour contrebalancer son infériorité numérique. L'armée elfe était rapide et mobile, mais cela ne semblait pas suffire. La bataille fit de nombreux morts parmi les vaillants guerriers elfes et les récits elfes sont remplis de la bravoure de ces guerriers tombés au combat. On y décrit les bataillons elfes décochant des milliers de flèches silencieuses à la même seconde, rasant les troupeaux de morts vivants désorganisées et désarticulés.

Soudain, on aperçut une vive lumière blanche au centre de la bataille, puis l'armée de morts vivants tomba en morceaux sur le sol. La bataille était terminée. On ne sut jamais réellement ce qui s'était passé. En tout cas Ithoria affirme que ce sont les paladins de Keldar qui ont apporté la victoire à l'Alliance.

Trop loin pour distinguer quelque chose, les combattants elfes n’ont vu que la grande lumière annihilant Zhart. Bien que les archers n’y soient pour rien dans ce phénomène surnaturel, il va de soi que le poids des elfes fut ce qui fit pencher la balance du côté de l’Alliance. Sans l’intervention elfe, l’armée mort vivante aurait rasé Dominia et l’Empire humain.

Après cette bataille, Lessien et Dujûn se lièrent par un pacte, qui, au-delà de leur mort, devrait lier leurs deux peuples : ils jurèrent que, si la menace mort vivante venait à réapparaître en Ideo, les peuples elfique et humain reformeraient l'Alliance pour à nouveau défendre Ideo contre le Fléau.
L'occasion de reformer l'Alliance ne s'est encore jamais représentée.

La Fusion des Clans



En l'an 472, le Conseil fut réuni une nouvelle fois, pour décider cette fois-ci de l'avenir des clans. Il fut décidé dans un assez large consensus que le peuple elfe ne devait pas être divisé, et les clans faisaient obstacle à l'image d'un peuple uni. Ce fut le premier conseil où l'on parla de relations extérieures.

Cette réunion fut bien plus longue que toutes les autres auparavant. Un grand sujet était débattu. Heureusement, malgré certaines oppositions contre cette idée, les Clans unirent leur forces pour ne faire qu'un, haut et puissant : le Peuple Elfe. Plus les années passaient, les générations se comptaient en plus grand nombre et les légères différences qui permettaient de connaître facilement l'origine d'un elfe étaient, au fil du temps, de moins en moins visible. Aujourd'hui, ces particularités de la peau et des membres ne sont plus remarquables, à moins d'être un véritable expert en la chose.

Sans pour autant s'ouvrir à l'étranger, la nation elfe se fut soucieuse de son image et de sa représentation de par le monde. La séparation en clans fut abolie et l'on fit de Ranewën la capitale du royaume elfique. On détourna le fleuve pour y implanter un système de canaux qui donnait à la ville un charme certain. De nombreux ponts enjambent désormais des canaux passant par des tunnels souterrains et ressortant au milieu des magnifiques jardins de la cité.

Il y a longtemps que le Peuple Elfe vit comme un, mais les Villes qui, à l'origine, abritaient les différents Clans des Brumes et de Hautelame sont encore, et le seront encore longtemps, sans aucun doute, dans une grande compétition. Malgré tout, le sujet a changé. On ne désire plus répandre l'arme officielle elfique, mais plutôt, les deux villes sont en constante rivalité pour devenir la deuxième, derrière la Capitale : Ranewën.